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Sarkozy fixe à 2013 le retrait d'Afghanistan
27-01-2012 20:01
2 personnes intéressées
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Pas de départ à la hâte des soldats français, mais une accélération du processus de retrait, assortie d'un engagement de coopération civile avec Kaboul après 2014. L'émotion suscitée par la mort, le 20janvier, de quatre soldats français tués sur la base de Gwan, dans la province de Kapisa, par une recrue afghane, a souligné l'importance de la rencontre, vendredi à l'Élysée, entre Nicolas Sarkozy et son homologue afghan. Certes, l'événement survenu la semaine dernière a pesé sur les décisions annoncées vendredi. Mais, pour une pléiade de raisons, l'engagement français en Afghanistan ne pouvait être soumis aux embardées.C'est dans cet esprit de compromis que Nicolas Sarkozy a reçu vendredi à l'Élysée son homologue Hamid Karzaï. Le président de la République a annoncé que les missions de formation de l'armée française en Afghanistan, interrompues après l'incident de Gwan, reprendraient dès aujourd'hui. Les deux dirigeants ont signé un accord de partenariat scellant la poursuite de l'engagement français au-delà du retrait militaire français, fixé à la fin 2013.Le calendrier de retrait était ces jours derniers au cœur des interrogations. Àl'issue de ses entretiens avec le président afghan, Nicolas Sarkozy n'a pas abandonné la perspective d'un départ anticipé des 3600 soldats français, évoqué après la tragique embuscade de la semaine dernière. S'il n'est pas question de quitter l'Afghanistan au débotté, le chef de l'État n'en a pas moins décidé que le retrait des forces françaises combattantes serait achevé fin 2013, soit une année plus tôt que le terme retenu jusque-là par l'Otan… Il a précisé que la France allait «demander à l'Otan une réflexion sur une totale prise en charge des missions de combat de l'Alliance par l'armée afghane au cours de l'année 2013». L'an dernier, quelque 400 soldats ont déjà regagné la France. Le nouveau calendrier dévoilé vendredi par Nicolas Sarkozy prévoit que 1000 hommes seront rapatriés en 2012, contre 600 dans le projet précédent. Autre élément d'accélération, l'annonce par le chef de l'État que, dans la province de Kapisa, les soldats français passeraient le relais aux autorités afghanes dès mars. Une échéance désormais proche, que les Afghans et les Américains auraient préféré repousser pour laisser les Français en première ligne dans cette région très exposée aux attaques des talibans. Le chef de l'État a indiqué qu'il s'entretiendrait aujourd'hui avec Barack Obama. «Les Américains ont été informés» de ces décisions, a-t-il dit vendredi.En 2014, après le retrait des dernières troupes combattantes, il ne subsisterait plus qu'un contingent «résiduel de quelques petites centaines» d'hommes, affectés à des missions «logistiques et de formation», a indiqué vendredi le président de la République. Au-delà, a-t-il poursuivi, «l'avenir de notre coopération est une coopération civile, économique, diplomatique et politique».Contraintes logistiques et stratégiquesLes leçons de l'attaque du 20janvier ont été tirées. Elle avait révulsé Nicolas Sarkozy et son entourage parce que perpétrée par un soldat de l'armée afghane formé par le contingent français. «L'infiltration des talibans est une menace qui ne peut être sous-évaluée», a dit Nicolas Sarkozy. Des mesures de protection supplémentaires vont être prises, en coordination avec l'Otan.Parmi les préconisations, discutées vendredi avec Hamid Karzaï, figure le renforcement des mesures d'incorporation des recrues de l'Armée nationale afghane (ANA). Les autorités afghanes seront notamment tenues de resserrer le «screening», la procédure d'admission des soldats afghans. Des précautions susceptibles de limiter les risques d'attaque «mais qui ne peuvent les éliminer totalement», estime un bon connaisseur du terrain afghan. Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on rappelle d'ailleurs que, parmi la vingtaine d'incidents similaires survenus l'an dernier, les Français n'ont pas été les seuls visés. Ces attaques sont aussi le signe que la méthode de la coalition a été payante, plaide-t-on à Paris. «On voit bien que les talibans, qui ne sont plus capables de chasser le président Karzaï, utilisent des méthodes nouvelles. Nous devons tenir compte de ces méthodes nouvelles», a estimé vendredi Gérard Longuet. En quelques jours, Paris a donc infléchi ses plans en Afghanistan.L'émoi retombé, les lignes de force se sont imposées, entre les contraintes logistiques et stratégiques invoquées par les militaires, les exigences de solidarité vis-à-vis des partenaires de la coalition et l'analyse des effets pervers d'un départ en hâte. Mais, tout en veillant à ne pas dénouer le fil de l'engagement français, Nicolas Sarkozy a bel et bien forcé l'allure vers la sortie d'Afghanistan. » Du retard dans les retraits militaires en Afghanistan » DÉCRYPTAGE - La symbolique du retrait des troupes d'Afghanistan » Afghanistan: Sarkozy décidera ou non d'un retrait anticipé

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